Tract contre l'incinérateur, mars 2006
Par Groupe Vert le lundi 6 mars 2006, 16:02 - Dossier incinérateur - Lien permanent
L'INCINERATION DES DECHETS : UNE TECHNOLOGIE DU SIECLE DERNIER !
C’est réussir à créer des molécules (dioxines, furanes) hautement toxiques, indestructibles pendant une génération. Ces poisons qui n’existaient pas avant l’incinération se répandent aux alentours et nous atteignent par la chaîne alimentaire : c’est pourquoi, il est illusoire de penser qu’un emplacement ventilé à la campagne serait meilleur qu’en zone urbaine.
L’incinération ne réduit pas magiquement des tonnes d’ordures en quelques cendres qui s’envolent. Elle les réduit à 1 / 3 de leur poids initial en résidus appelés mâchefers chargés de ces mêmes poisons et de métaux lourds, responsables de graves maladies « modernes ». Vu la pollution provoquée dans le sol et l’eau, leur utilisation dans les travaux publics est de plus en plus interdite. L’affaire du Clémenceau illustre l’évolution de la notion de dangerosité des déchets.
C’est de loin le traitement le plus coûteux ; et chaque remise aux normes, (celles-ci sont enfin de plus en plus strictes) revient à la moitié du coût d’investissement (le traitement des fumées)…La logique industrielle ne supporte ni un contrôle continu et indépendant des émissions de dioxines, ni une transparence qui permettrait le contrôle des citoyens. Or même le récent incinérateur de Lunel, présenté comme le top de la technologie, a dû être fermé en octobre dernier, pour pollution.
S’obstiner dans cette technologie du passé, c’est marcher à reculons !
C’est se voiler la face devant la gestion de nos déchets (400 kg, par an, en moyenne, par français, en augmentation) ; c’est rendre le tri inutile dans l’esprit des gens, des citoyens, des élus, des industriels ; c’est installer un aspirateur à encore plus de déchets (et à plus de fric) ; c’est pousser à une consommation effrénée et aveugle dont nous sommes déjà malades ; c’est mettre en danger les générations futures.
Des alternatives existent ! ! !
Pour gérer nos déchets, il existe des solutions fiables, plus écologiques et plus économes, elles sont développées au verso. Nombre d’associations citoyennes les connaissent mieux que bien des élus.
Les gens ont compris que notre société nourrit une crise écologique grave : l’air, l’eau, l’impact sanitaire des pollutions, l’énergie, le climat… Ils ont déjà compris et accepté le tri et les déchetteries ; les riverains et les citoyens soucieux d’écologie refusent avec raison incinérateur et décharges, même appelées Centres d’Enfouissement Techniques, de déchets qui ne sont pas réellement ultimes.
Ils attendent un large débat citoyen sur la question, qui aboutisse à une révision du plan départemental des déchets ménagers, que peut lancer le Conseil général du Puy-de-Dôme : un vrai plan d’élimination des déchets du XXIe siècle.
Cela fait plus de 3 ans que les Verts 63 ne cessent de proposer ces solutions, et ce débat citoyen.
NON A l’INCINERATEUR DU VALTOM ! ! !
Il faut que le Conseil général révise le plan départemental ! ! !
Une politique écologique des déchets, pour les Verts, c’est :
¨ Réduire en amont la production de nos futurs déchets
Réduire en volume, aux niveaux industriels et commerciaux ; interdire les matériaux toxiques et non recyclables. Une éco-industrie peut être fiscalement beaucoup plus aidée. Moins il y aura de déchets, moins cela coûtera aux citoyens !
Inciter le consommateur à demander moins d’emballage ; les collectivités territoriales peuvent aider, informer sur les enjeux, distribuer des éco-cabas… Et pourquoi pas une campagne nationale sur la prévention des déchets sous lesquels nous croulons, comme il en existe sur la prévention routière ou sanitaire ?
¨ Inciter au maximum au tri. Aller vers la fin des mélanges de nos rejets dans les entreprises et les foyers ! Des collectivités arrivent à recycler et valoriser les 2 / 3 de leurs déchets ; notre département n’en trie que 20 % environ…
Améliorer le tri par l’embauche d’équipes d’ambassadeurs du tri (avec des numéros verts généralisés) qui expliquent mieux aux habitants, et par le remplacement de la taxe injuste d’enlèvement des ordures ménagères par une redevance au poids, ou au bac.
Collecter séparément la très grosse part organique, fermentescible de nos déchets : déchets de cuisine, papiers souillés…ce qui est biodégradable…quand ils ne sont pas déjà compostés individuellement, ou collectivement.
¨ Recycler, Valoriser
En effet une usine de méthanisation peut les traiter, ainsi que les déchets de restauration, des déchets verts, des déchets agricoles… pour en tirer du méthane à utiliser comme du gaz naturel (chauffage, électricité, carburant) et un compost destiné à retourner vers les sols agricoles à la place des amendements chimiques. Au prix où va être le pétrole, que ne l’a-t-on pas déjà réalisé !
Le recyclage-matière industriel (verre, papier, carton, métaux…) peut être conforté ; il y a encore mieux à faire techniquement pour les plastiques issus de la pétrochimie.
Nous préconisons aussi les initiatives de réutilisation, les « recycleries » qui permettent, dans un cadre d’économie solidaire, d’éviter que des objets en fin de vie apparente pour certains ne deviennent des déchets (meubles, appareils, jouets, électronique…).
Il existe bien d’autres techniques intéressantes de traitement encore à l’état d’innovation. Pour l’heure, nous ne parlons que de solutions alternatives à l’incinération, simples, fiables, qui existent, que l’on peut visiter, tout à fait maîtrisables dans leur coût, et créatrices d’emploi.
¨ Des C.E.T. propres, en alvéoles étanches, pour le stockage, réversible, de nos déchets réellement ultimes, c’est à dire non recyclables aujourd’hui, et débarrassés de leur part organique, ce qui évite jus, odeurs et autres nuisances. Les techniques, dites de stabilisation, existent ! ! !
¨ Un plan global pour les différentes filières de déchets (ménagers, industriels, chantiers, agricoles…)
¨ A quelle échelle ? Pourquoi déplacer les déchets sur des centaines de km ? Des installations de valorisation comme ci-dessus et des CET propres, au plus près des lieux de collecte, à l’échelle d’un bassin de vie à définir (arrondissement ?), permettraient la responsabilisation des citoyens et de leurs élus, et de réunir le rural et l’urbain que d’aucuns cherchent à opposer.
Plus d’écologie, sans incinération, c’est aussi de l’économie !
Les Verts 63, 11 rue des Deux-Marchés, 63000 Clermont-Fd, 04 73 91 02 73, fax 04 73 14 04 23