Les Verts Puy-de-Dôme                                          Clermont-Ferrand, le 16 novembre 2003

11 rue des Deux-Marchés,

63 000 Clermont-Ferrand.

04 73 91 02 73

 

Objet :projet Valtom - incinérateur

 

Lettre ouverte à

Monsieur le Préfet du Puy-de-Dôme.

 

IL Y A PLUSIEURS MANIERES DE DEFENDRE L’INTERET GENERAL.

 

 Depuis le vote du VALTOM du 31 janvier 2003, les populations concernées de notre département s’inquiètent du choix d’un incinérateur ; de nombreuses associations de quartiers se mobilisent pour exprimer leur souci d’assurer le traitement des déchets dans l’intérêt général sans compromettre leur santé et celle de tous.

Les questions de nos concitoyens sont légitimes :

-          L’incinération est-elle, à ce jour, un procédé industriel totalement fiable sur le plan de la santé publique ? Ne crée-t-elle pas, où qu’elle soit, des résidus dangereux qui n’existaient pas avant, dans l’air, avec les dioxines et furannes , sur le sol et dans l’eau, avec les mâchefers ?

-          Toutes les solutions alternatives ont-elles été suffisamment évaluées, avant d’opérer le choix d’une filière reposant à plus de 50% sur l’incinération ?

-          Nous sommes-nous donnés les moyens de réduire l’ampleur des déchets non recyclables ?

 

En outre, pour beaucoup, les procédures de décision qui ont présidé au choix du Valtom et de l’emplacement d’un incinérateur leur paraissent pour le moins manquer de concertation, de démocratie, ce que reconnaît aussi, sur un plan plus général, le récent rapport parlementaire du 3 novembre dernier sur la gestion des déchets ménagers sur notre territoire.

 

Ces réticences, que nous partageons, concernent aussi l’enfouissement des déchets,  même si les CET actuels n’ont rien de comparable avec les anciennes « décharges ».

 

Ces attitudes de rejet reposent sur la même prise de conscience : « enfouir » ou « brûler » n’est qu’un pis-aller si l’on ignore l’essentiel : la volonté de réduire les volumes de déchets et d’en recycler le maximum avec le plus de sécurité.

 

Et l’urgence n’est pas la construction d’un incinérateur départemental.

 

Pour nous LES VERTS, l’urgence est un moratoire de l’Etat, garant de l’intérêt général, qui suspende les constructions d’incinérateurs de déchets tant qu’un bilan complet et indépendant n’est pas rendu public.

 

Localement, nous estimons que le recours à l’incinération est bien une solution de facilité :

 

-          Le bilan actuel du tri des déchets, à l’échelle du territoire du Valtom, est notoirement insuffisant ; les objectifs en la matière, les moyens réservés à cet effet, paraissent bien modestes.

-          L’incinération va à l’encontre d’une invitation au tri : la politique de tri serait par là même sabordée car la population n’y sera vraiment pas incitée dès lors qu’elle saura qu’on brûle ses déchets et qu’elle paie pour cela !

 

Il est vrai qu’en 1995, à l’époque de la conception du plan départemental, il aurait fallu être très volontaire pour envisager d’autres techniques, telle la méthanisation, moins coûteuse et moins polluante ; mais aujourd’hui, en 2003, nous pouvons constater que de petites usines de méthanisation (20 000 t.) sont devenues banales en Europe pour les déchets organiques, et que de grosses usines de méthanisation, qu’on peut aller voir fonctionner, de 100 à 200 000 tonnes, pour les déchets municipaux, dits gris, sont courantes en Espagne, pays qui a décidé d’éviter l’incinération des ordures.

 

C’est pourquoi, nous vous demandons, Monsieur le Préfet :

¨        De prendre acte de l’inquiétude et des résistances des populations en renonçant à une Déclaration d’Utilité Publique du plan VALORDOM,

¨        De relancer l’étude d’un plan « VALORDOM 2 », aux objectifs plus ambitieux en matière de développement durable, qui s’attacherait à généraliser à 100 % le tri et le recyclage sur l’ensemble de son territoire, ainsi qu’à recourir aux avancées récentes et fiables, en matière de méthanisation :

·               en traitant les déchets agricoles et fermentescibles ménagers avec de petits digesteurs qui méthanisent au plus près des lieux de production,

·               et en créant une unité importante pour méthaniser les déchets ménagers du territoire du Valtom,

·               unités associées à des plate-formes de compostage des digestats et d’installations d’exploitation du méthane créé (électricité, gaz de ville, carburant, ou chauffage).

 

Nous pensons qu’une telle alternative est en mesure de répondre aux inquiétudes de nos concitoyens et à la nécessité de traiter nos trop nombreux milliers de tonnes de déchets.

 

 

D’autre part, concernant les deux enquêtes publiques en cours, à finalité pourtant bien distinctes, les VERTS s’interrogent sur les raisons qui président à leur lancement conjoint. Celle sur l’extension du CET de Puy Long, et celle sur la mise en compatibilité du POS de Clermont-Fd et du schéma directeur de son agglomération, en vue d’implanter une UVE et une petite UVB à Beaulieu.

Incinération et extension du CET ne sont pas liées ; il existe d’autres modes de valorisation des déchets ménagers que l’incinération prévue dans VALORDOM. Il serait dangereux qu’un tour de passe-passe administratif permette la mise en route d’un projet d’incinérateur largement contesté par la population, ou menace l’extension à terme du CET si l’UVE pose problème. C’est pourquoi, soucieux de préserver l’intérêt général, nous vous demandons aussi, Monsieur le Préfet, de dissocier les deux rapports d’enquête, ainsi que les éventuelles DUP que vous pourriez prendre.

 

 

A votre disposition pour vous rencontrer, dans l’espoir que vous diligentiez des études qui réorientent le plan départemental d’élimination des déchets ménagers et assimilés, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Préfet, l’assurance de nos salutations les plus respectueuses.

 

Pour Les Verts Puy-de-Dôme, le secrétaire départemental,

Jean-Paul Russier

 

 

 

Contacts :

Jean Paul Russier,  06 63 48 44 72 ;

Commission Déchets : Yves Reverseau : 06 84 71 80 84 ; Jean Luc Scholtess :04  73 64 04 78