Idée fausse n°2 = "le chauffage collectif au bois, ça pollue fortement"
Par Groupe Vert le mercredi 22 juillet 2009, 17:36 - Ressources - Lien permanent
Sur les marchés, entre amis, lors de réunions publiques voire parfois dans des assemblées locales, on entend des affirmations péremptoires sur les énergies renouvelables du style "le bois-énergie, ça pollue". Les élus Verts ont choisi de répondre en ligne cet été avec des informations simples et claires pour discerner le vrai du faux dans ce type d'affirmations, et dire notamment qu' "il ne faut pas faire d’amalgame entre les équipements de chauffage au bois bûches fortement émetteurs de polluants atmosphériques et les chaudières bois automatiques dont les rendements de combustion élevés limitent fortement les émissions atmosphériques. Le bilan énergétique et environnemental de la filière bois-énergie est encore plus favorable dans le cas des réseaux de chaleur bois collectifs".
IDEE
FAUSSE n° 2
"Le bois-énergie, ça pollue"
La question de la pollution issue de la combustion du bois fait suite à la parution d’un article paru dans le Monde le 27 décembre 2007, traitant de « la pollution due aux chaufferies bois ». Pour apporter une réponse claire notamment aux élus des collectivités de l’agglomération clermontoise portant des projets de chaufferies bois avec ou sans réseau de chaleur, l’Aduhme a organisé le 4 décembre 2008 une conférence technique qui a permis d’apporter les éléments scientifiques quant aux émissions polluantes liées à la combustion du bois.
Celle-ci est, incontestablement, une source de pollution atmosphérique (c’est, dans des mesures variables, le cas de toutes les combustions).
Ces émissions sont liées à la complexité même du matériau bois (présence d’éléments divers sous forme de traces : métaux, chlore…) et à la maîtrise plus ou moins satisfaisante de la combustion. Elles sont toutefois en réduction : à titre d’exemple, les émissions de poussières totales ont baissé de 37% entre 1995 et 2005 (source : inventaire annuel des polluants atmosphériques en France, CITEPA, février 2007)
La situation est par ailleurs très contrastée entre chauffage domestique et installations collectives de moyenne et forte puissance ; ces dernières, dans les faits, sont les moins polluantes.
La pollution due au bois provient très majoritairement du chauffage individuel, et particulièrement des installations anciennes et / ou peu performantes : foyers ouverts, cheminées, poêles et inserts anciens, au rendement faible, au fonctionnement discontinu et à la combustion souvent mal maîtrisée. Ce point est d’ailleurs relevé par le rapport du Sénateur Richert, très partiellement cité dans l’article du Monde.
Les chaufferies collectives (foyers fermés, fonctionnement continu, régulation optimisée) ont une combustion beaucoup mieux maîtrisée, et donc des émissions structurellement beaucoup plus faibles. Elles peuvent par ailleurs être équipées de systèmes complémentaires de traitement des fumées auxquels les installations individuelles n’ont techniquement et économiquement pas accès.
Le parc des équipements individuels est toutefois en évolution. Les incitations fiscales renforcées depuis 2005) conduisent à un très fort développement du marché des appareils performants, dont une grande partie vient en renouvellement d’appareils anciens Des efforts sont développés conjointement par les pouvoirs publics et les professionnels du secteur afin de renforcer cette tendance : label « Flamme Verte » pour les appareils, norme NF « bois de chauffage » pour le combustible, formation des installateurs, etc. Globalement l’ADEME table sur une réduction régulière des émissions liées au bois domestique (à l’horizon 2020 : -30% sur les émissions de métaux, -38% sur les dioxines, -58% sur les poussières, -84% pour les COV et -89% pour les HAP).
Concernant les aspects réglementaires, et ainsi que l’indique l’article, les installations de combustion d’une puissance inférieure à 2 MW échappent aujourd’hui à la réglementation sur les installations classées (ce ne serait pas, au passage, le cas d’une éventuelle chaufferie à Trémonteix). Cela ne veut pas dire pour autant qu’il se fasse n’importe quoi dans cette gamme de puissance ; il existe, en particulier, une norme volontaire (EN 303.5) qui s’applique aux chaudières de puissance inférieurs à 300 kW, à laquelle se réfèrent de plus en plus de fabricants, et dont la classe la plus exigeante se situe au même niveau que la réglementation pour les équipements de 2 à 4 MW. L’ADEME conditionne maintenant ses aides aux petites chaufferies au respect des performances les plus exigeantes de cette norme, et bonifie ses aides aux grandes chaufferies qui vont significativement au-delà des obligations réglementaires. Il est par ailleurs assez probable qu’une réglementation pour les petites et moyennes puissances sera mise en place dans les prochaines années.