La création du poste de Vice président développement durable à Clermont communauté donne-t-elle une visibilité particulière au sujet ?

Ce poste nouveau à Clermont- Co a d’abord une vocation transversale. L’urgence écologique demande des réponses fortes qui doivent irriguer toutes les politiques de l’agglomération. En effet, le développement durable c’est ce qui permet de traiter conjointement les enjeux sociaux et environnementaux que la société doit affronter pour vivre bien aujourd’hui tout en préservant les ressources nécessaires aux générations futures .C’est l’un des vecteurs majeurs de l’anticipation nécessaire aux politiques publiques  pour affronter les enjeux du changement climatique ou les questions de santé liées à la qualité de l »environnement.

Si nous regardons la raréfaction des énergies fossiles- il reste environ 60 ans de réserves de pétrole, de gaz, d’uranium- l’augmentation de leur  prix est inéluctable. Si nous voulons que les plus fragiles socialement ne soient pas victimes de la fracture énergétique, nouvelle forme de fracture sociale, si nous voulons qu’ils puissent continuer à se loger, a se chauffer, à se déplacer librement, c’est aujourd’hui que nous devons proposer les solutions : efficacité énergétique des logements, développement et amélioration des transports en commun, encouragement à une consommation responsable de produits locaux et bio,  les cantines pouvant donner l’exemple.

Bien entendu, ces choix appellent une très forte réorientation budgétaire en faveur de ces choix politiques amenant une réflexion sur la transformation écologique de l »économie.

Quels sont vos premiers chantiers ?

Mettre le développement durable au cœur des choix de l’agglomération est mon objectif. La mise en place des pratiques nécessaires à cette orientation avance. Il y a urgence à changer le « logiciel » politique passer du rêve de la consommation effrénée à la logique de la société solidaire et sobre dans un espace maîtrisé, l’agglomération se doit d’être un modèle dans ces domaines.

Un premier pas concret est fait avec la mise en place du club des villes durables de l’agglomération, lieu d’échange et de mutualisation  et de mise en complémentarité des actions de  Clermont co et des communes qui la composent.

Des complémentarités se dégagent-elles ?

Avec les différents plans qui émergent en ce moment, l’agglomération se dote des outils nécessaires au développement durable.

Le plan Air- énergies- climat, dont le principe a été voté en juin, permettra  de répondre à l’enjeu climatique à notre échelle et de donner des indicateurs quand aux questions de santé liées à l’environnement. Nous allons commencer  par un bilan des gaz à effet de serre et de la gestion des formes d’énergies, partant d’ailleurs d’un travail déjà entamé en matière de prescriptions pour le logement ; Nous en tirerons  des propositions en matière de déplacement, d’habitat, d’urbanisme, de gestion de l'espace et de l’eau.

La cartographie du bruit permettra de cibler les principaux points noirs afin de  permettre aux communes qui en ont la responsabilité de les traiter en priorité.

Le plan « déchet » peut encore faire progresser ses performances en matière de récupération et de  recyclage, on  peut ajouter en plus la méthanisation.

Enfin, si nous voulons améliorer la qualité de notre espace urbain il nous faut étudier les sentinelles que représentent plantes et abeilles. Il nous faut donc connaître mieux pour gérer mieux la qualité de l’eau et du sol. C’est pourquoi, nous allons mettre en place un plan « biodiversité » afin de faire des choix.

Ainsi, au-delà de l’aspect "nature à la ville" qui caractérise notre agglomération, nous pourrons,par l’excellence du développement durable, revendiquer le fait d’être une métropole, porte de parcs régionaux,modèle d’écologie urbaine.