Au-delà de l’intérêt archéologique indéniable, c’est une mine de biodiversité locale (il y a d’ailleurs un habitat classé ‘Natura2000’). On peut voir les traces des vergers et des vignes du siècle dernier, sur les coteaux exposés plein sud : une exposition privilégiée qui attire bien des convoitises, immobilières notamment. Mais les élus se sont battus pour conserver une zone inconstructible : première victoire collective sur les intérêts particuliers.

 

Pour un vrai projet d’espace naturel de proximité

 

Aussi, en 2002, étions-nous quelques élus des communes riveraines réunis pour élaborer un projet ambitieux et aménager ce remarquable ensemble aux portes de nos communes, au cœur de l’agglomération : un espace vert naturel, préservé et ouvert à tous, accessible à tous les usagers respectueux de ses atouts naturels. Nous rêvions de faire paître des moutons pour l’entretien des friches avec les animateurs du CEPA, de replanter des vignes au-dessus de Clermont-Ferrand avec les vignerons du département, de réserver des espaces de friche végétale pour observer le retour des espèces endémiques, d’aménager des chemins de promenade pour tous… Bref, nous avions un projet d’espace naturel de proximité digne de notre agglomération. L’entente s’était faite sur la nécessité d’un vrai projet, confié à des professionnels et nous avions suivi avec enthousiasme les travaux d’un bureau d’études (local et talentueux), certains que l’assemblée communautaire nous suivrait sur la voie de la création d’un « parc naturel de loisirs ».

 

Qu’advint-il finalement ?

 

L’ambition se heurta comme toujours à la frilosité de certains, plus soucieux de réaliser des projets tangibles, au poids et à la visibilité électoraux, pendant que nous peinions pour obtenir, avec la participation de Chamina, la réalisation et la signalisation de quelques chemins de balade.

 

Interdire la circulation de transit (sauf aux riverains, bien entendu) fut une gageure, la décision étant sans cesse contestée (au motif que ce sont les maires qui détiennent le pouvoir de police) ou mal appliquée. L’absence de parkings aux entrées de voies interdites à la circulation ne facilite pas l’acceptation de cette interdiction ! Mais pour le moment, leur réalisation reste au bon vouloir des communes.

 

On voit sur ce dossier la limite de la bonne volonté communautaire. Au fond, personne ne veut accorder à ce site l’importance suffisante pour financer un projet. Projet qui existe, qui a été validé par la communauté d’agglomération en 2007, mais sur le principe, seulement !

 

De la même façon, Clermont Communauté a bien payé la remise en état des chemins, mais pas leur entretien.

 

Marche arrière toute !

Aujourd’hui, le dossier confié à un nouveau responsable politique semble promis à une remarquable marche arrière ! En effet, M. Auby, Vice-Président de Clermont-Communauté, maire (PS) de Cébazat préside le groupe de travail. Il semble ignorer le travail de concertation et de programmation réalisé dans la précédente mandature : d’où la remise en question de « l’intérêt d’implanter des vignes » et de « l’intérêt de la profession » pour ce projet. D’où également sa prise de position étrange au sujet de l’ancienne carrière de basalte (dite carrière de Nohanent) : alors que l’utilisation (interdite) de ce site par des motards et quads entraîne nuisances diverses pour les riverains et l’environnement sans parler de la sécurité des promeneurs, Mr Auby s’interroge sur la pertinence de l’interdiction de ces activités ?

 

Et il remet en question la décision de Clermont-Communauté de rechercher un site de substitution convenable (au moins 40 ha) dans un secteur bien desservi par les voies routières et hors zone habitée, ce qui correspond aux demandes des représentants des usagers de motos.

 

Le Président est sans doute mal informé sur les différents aspects de ce dossier et il serait regrettable et dommageable d’ignorer le travail de concertation avec les usagers réalisé par ses prédécesseurs. En effet, un projet de qualité dort dans les tiroirs de Clermont-Communauté pour réaliser rapidement un parc de loisirs nature desservi par nos transports collectifs.

 

Des acteurs locaux sont près à s’engager pour replanter la vigne sur les coteaux et la recherche d’un site de pratique des sports motocyclistes est attendue à l’échelle du département. Mais au fait, M. Auby n’est-il pas également conseiller général ? Nul doute alors que ce dossier ne trouve enfin une issue dans l’intérêt général.

 

Odile Vignal, adjointe à l’écologie urbaine et au développement durable

Illustration prise sur le site de l'ASCOT http://www.gergovie.fr/htmfr/visite.html



[1] Association pour la Sauvegarde des Côtes-de-Clermont-Chanturgue : ascot@gergovie.fr et www.gergovie.fr