Depuis 1995, près de 30 % des colonies d’abeilles disparaissent chaque année en France. En 10 ans, 15 000 apiculteurs ont cessé leur activité en France. De 1995 à 2005, la production nationale a chutée de 30 % et les importations ont triplé. C’est pourquoi l’UNAF a lancé en 2005 au plan national l’action « L’abeille, sentinelle de l’environnement » pour alerter le grand public de cette situation inquiétante et tenter de protéger aussi bien l’abeille que l’apiculture qui en dépend. Après d’autres collectivités ou entreprises, c’est maintenant Clermont-Ferrand qui s’engage dans la démarche, consciente de l’importance de la préservation de cette faune pollinisatrice pour la sauvegarde de nos cultures et de la biodiversité.

La convention qui sera signée en février engage la collectivité à soutenir l’action de l’Unaf et notamment à ne pas utiliser de produits toxiques pour les abeilles et de pesticides dans les espaces verts, à veiller au développement de cultures sans OGM, à favoriser la plantation de plantes mellifères en favorisant les plantes vivaces ou pluri-annuelles et nectarifères, à encourager la connaissance de l’abeille et de l’apiculture, à développer l’information des agriculteurs sur le rôle pollinisateur de l’abeille et favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement, à promouvoir le rôle de l’abeille, comme sentinelle de l’environnement, actrice de la biodiversité et, enfin, à aider à l’installation de nouvelles colonies et de nouveaux apiculteurs.

En contrepartie de son engagement et de son financement, la collectivité bénéficie de l’installation d’un rucher (comprenant 6 ruches peuplées) par le syndicat apicole régional, au sein duquel sera désigné un apiculteur référent. Celui-ci informera le public, entretiendra les ruches et en nourrira les occupantes ; il procèdera à la récolte du miel une à deux fois par an.

Ces abeilles seront de véritables ambassadeurs de la biodiversité en ville mais aussi des marqueurs efficaces de l’état de notre environnement. Tandis que l’analyse de la qualité du miel permettra d'évaluer l'évolution de la biodiversité urbaine, l’entretien et la récolte donneront lieu à des actions de sensibilisation et de pédagogie auprès des Clermontois. Ou comment le soutien concret à des populations d'abeille peut se faire en sensibilisant à la fois les populations et les services de la Ville...

Odile Vignal, adjointe à l’écologie urbaine et au développement durable

(1)  En parallèle à cette action, la Ville soutient l’engagement de ses agents bénévoles qui ont déjà installé des ruches, comme celles installées sur le toit de la maison de la culture (http://abeillesenville.canalblog.com/)

Une vieille amie de 80 millions d’années

Apparue avec les plantes à fleurs, l’abeille existe depuis plus de 80 millions d’années. Aujourd’hui, plus de 80% de notre environnement végétal est fécondé par les abeilles, qui jouent un rôle prépondérant de pollinisateurs. Ainsi, près de 20 000 espèces végétales menacées sont encore sauvegardées grâce à l’action pollinisatrice des abeilles et près de 40% de notre alimentation (fruits, légumes, oléagineux…) en dépend exclusivement. Par ailleurs, le miel, le pollen, la gelée royale, la propolis, le venin, demeurent des produits naturels appréciés par les consommateurs et font l’objet de nombreuses recherches de par le monde pour leurs qualités diététiques et thérapeutiques.

Pourtant, aujourd’hui, les abeilles sont menacées en raison de mutations profondes de l’environnement  dues notamment à des pratiques agricoles inadaptées (emploi abusif de produits phytosanitaires de plus en plus toxiques, remembrement, monoculture, ensilage…).