PDU (5ème épisode) = Mefiez-vous du "bon sens routier"
Par Groupe Vert le jeudi 11 mars 2010, 16:37 - SCOT - PDU - Lien permanent
Les débats animés à Chamalières (BSO) et à Cournon (pont sur l’Allier) mais aussi au Conseil général, soulignent que de nombreuses infrastructures routières sont en projet actuellement. Et théoriquement, l’enquête publique sur le PDU devrait être l’occasion pour chacun de faire connaître son point de vue sur ces projets. Or, le PDU entérine déjà ces projets, comme étant non négociables. En pleine lutte contre la congestion automobile, alors que les prix de l’essence grimpent, les édiles locaux nous montrent comment justifier la création de nouvelles routes grâce à une parodie de validation populaire…
Le Boulevard Sud-Ouest, l’avenue Sud, pont sur l’Allier et le doublement de l’A75 font leur entrée discrète dans les plans d’urbanisme de l’agglomération sans que leur configuration ou leurs impacts ne soient connus. Et sans qu’aucun choix responsable n’ait pu être fait, choix qui devrait s’appuyer sur des critères écologiques et sociaux réalistes, et surtout, sur une ambition de long terme au service du plus grand nombre.
Comment se fait-il que ces projets soient déjà entérinés ? Cela tient au statut même du PDU qui doit « prendre en compte les projets existants », alors même que ceux-ci ne sont que des projets (donc non évalués et non votés à ce jour). En fait, puisque malgré nos protestations ces infrastructures sont prises en compte dans le projet de Scot (Schéma de cohérence territoriale), elles deviennent réalisables à condition de figurer dans le PDU également. Et voilà donc comment elles figurent dans le PDU et comment, de fait le PDU est écrit en considérant que ces projets vont se réaliser … alors même qu’il n’y a pas eu de débat démocratique à leur sujet.
En fait, on nous refait l’histoire de la poule et de l’œuf. Ces quatre projets votés par personne ne peuvent être étudiés que s’ils sont prévus dans le Scot et dans le PDU. Et pour les prévoir, il faudrait les … évaluer ? Plus précisément, il faudrait évaluer l’impact de leur non-réalisation sur l’agglomération ET comparer avec l’impact de leur réalisation. Et ce pour chaque projet, puis pour les quatre projets cumulés afin d’ECLAIRER LES DECIDEURS AVANT d’investir. C’est ce que prévoit la loi pour les projets d’intérêt général qui impactent durablement un territoire. Mais où sont les études d’évaluation nécessaires ?
Une des difficultés est déjà de savoir de quel projet on nous parle. Prenons l’exemple du boulevard sud-ouest (BSO) sous-entendu dans le PDU : nous parle-t-on du projet remanié par le CG63 en concertation avec les associations de citoyens, qui prévoit une seule voie automobile, de niveau avec les rues des quartiers traversés, pour les irriguer ainsi qu’une voie réservée au Transport en commun en site propre et des itinéraires cyclables et piétons arborés et continus ? ou bien nous parle-t-on d’une double voie express pour relier le Boulevard Quinet, l’avenue Sud et le Boulevard Pourchon par un gros tuyau à camions et automobiles, accroissant ainsi les flux de transit, la pollution sonore et atmosphérique ?
Ces dossiers illustrent tristement le « pragmatisme socialiste ». Ainsi, M. Pascuito, maire (ex-PS) de cournon et conseiller général et Alain Néri, député (PS) et Conseiller général estiment que le BSO est nuisible pour les Clermontois mais ils estiment que le contournement à Cournon et le pont sur l'Allier ne le sont pas. N’oublions pas que le BSO est porté par Clermont Communauté (avec une subvention du CG63), mais que le contournement de Cournon est porté par le CG uniquement. Dans cette affaire, le maire de Cournon n’a semble-t-il pas envie que le BSO siphonne les budgets du Conseil général dédiés aux routes.
Souhaitons que l’enquête publique, qui sert à recueillir les avis des populations concernées, permette de soulever ces questions et de remettre les priorités de transport dans le bon sens (qui n'est pas forcément le bon sens routier) !