Incinérateur : un mauvais choix pour l'argent public et pour l'emploi
Par Groupe Vert le vendredi 9 avril 2010, 09:21 - Dossier incinérateur - Lien permanent
Le 31 mars avait lieu à la Grande Halle une journée "Prévention" organisée par le Valtom. Alors que la majorité des élus du VALTOM soutient encore le projet d'incinérateur (VERNEA) au motif qu'il est un bon choix économique, les opposants ont dénoncé de jour-là les chiffres fournis et ont montré qu'en plus d'être un non sens écologique et sanitaire, l'incinérateur serait un scandale en termes de gestion de l'argent public et qu'il serait très peu créateur d'emplois.
Parmi ces opposants, Yves Reverseau, président du groupe Vert, était présent à la manifestation devant la Grande Halle le 31 mars puis dans l'enceinte pour dire aux autres élus du Valtom qu'il est encore temps de prévenir les dangers de l'incinérateur (Lettre_ouverte_au_VALTOM_31_mars_2010.pdf). Bref, "une autre prévention est possible".
Un mauvais choix pour la gestion des deniers publics
Le VALTOM porte le projet d'incinérateur et croit détenir un bon argument auprès de la population en disant que, maintenant il serait trop coûteux de revenir en arrière. C'est faux car même en payant des indemnités à l'exploitant initialement retenu (Vernea), l'incinérateur serait un gouffre financier en comparaison du traitement des déchets OPHRYS proposé par Clermont-Communauté. Démonstration à partir de données du cabinet d'études indépendant Calia Conseils...
1- Coût du projet d'incinérateur VERNEA =
* investissement = 360 M€
* fonctionnement :
- en € constants (sans inflation) = 110 à 150€ / tonne / an sur 20 ans, soit 135€ en moyenne
- en € courants = 220 € / tonne / an en 2032
2- Coût du projet OPHRYS =
* investissement = 230 M€
* fonctionnement = 86 € / tonne /an en € constants, et 120€ en € courants en 2032
Faites le calcul ! Avec des données indépendantes (et contrairement aux chiffres fournis par le VALTOM), le projet OPHRYS offre de bien meilleurs rendements, et donc permet une meilleure utilisation des deniers publics, même en considérant la dizaine de millions de dédommagements qui seraient demandés par l'exploitant VERNEA.
Question emploi, l'incinérateur a aussi tout faux
Plusieurs acteurs publics de premier plan reconnaissent que le recyclage des déchets est une filière fortement créatrice d’emplois : selon la Commission Européenne « le traitement de 100 000 tonnes de déchets par le recyclage crée 200 emplois, mais seulement 20 à 40 emplois s’ils sont incinérés et 10 s’ils sont mis en décharge ». Un rapport de l’ADEME abonde dans le même sens « le recyclage est plus pourvoyeur d’emplois que les filières d’incinération et de mise en installation de stockage ».