Position officielle des Verts pour une retraite Juste et durable
Par Groupe Vert le jeudi 1 juillet 2010, 11:42 - Le programme - Lien permanent
Texte adopté par le Conseil National interrégional des Verts du 19 juin 2010
Nos priorités dans cette réforme du financement des retraites sont les
suivantes.
- Les conditions d’un réel débat doivent être réunies, la trop
courte durée de 5 mois de débat imposée par le gouvernement n’est pas
acceptable : nous avons besoin d’un débat participatif long, sous l’égide du
Conseil Economique, Social et Environnemental, sanctionné par une consultation
des résident-es en France...
- La réforme doit conforter le régime par répartition et
s’appuyer sur la solidarité intra comme intergénérationnelle. Les inégalités
entre les catégories socioprofessionnelles notamment en terme d’épargne et de
patrimoine accumulés doivent être corrigées.
- La réforme du financement des retraites est indissociable d’une
profonde réforme des recettes comme des dépenses budgétaires : réforme de la
fiscalité, signe d’une remise à plat d’un système injuste et d’une volonté de
correctement partager l’effort-, réforme de la dépense, en la conditionnant aux
impératifs sociaux et aux exigences environnementales. Les Verts réaffirment
notamment la nécessité d’augmenter de façon significative le taux marginal
d’imposition sur le revenu, et de revenir aux taux d’imposition de 2000.
- La réforme du financement des retraites est également
indissociable d’une politique active de l’emploi basée sur la conversion
écologique de l’économie, la relocalisation de l’économie et la réduction du
temps de travail, dans un contexte global de décroissance sélective, solidaire
et équitable. La réduction du chômage, en particulier le chômage des jeunes, la
réduction des emplois précaires sont des priorités.
- Nous considérons que l’allongement de la durée de cotisations ou
le report de l’âge minimum de départ à la retraite tendent à alimenter le
chômage, - en particulier celui des jeunes - et à faire baisser le niveau des
retraites des générations futures de retraités qui sont déjà celles qui ont le
plus cotisé .
- Le niveau moyen des pensions ne peut encore baisser, et elles
doivent être réformées pour plus de justice, en augmentant et facilitant
l’accès au minimum vieillesse, en améliorant les compensations de ceux ou
celles, aujourd’hui principalement les femmes, qui ont eu des interruptions de
carrière pour élever leurs enfants.
- La réforme du financement doit reposer sur une juste répartition
des richesses, dans un contexte de ressources limitées, et en ce sens, notre
priorité est l’élargissement de l’assiette de revenus contribuant au
financement des retraites, avec notamment : o Une conditionnalité de la
politique d’exonérations de cotisations sociales et l’abrogation des
exonérations sur les heures supplémentaires, o Un prélèvement social sur
l’intéressement, les stocks options, l’épargne salariale, o L’augmentation de
la CSG sur les revenus de placement et du patrimoine, en la rendant
progressive. o La contribution spécifique retraites sur les bénéfices des
grandes entreprises par l’écrêtement des niches fiscales. Nous souhaitons
notamment qu’une partie de ces nouveaux prélèvements soit orientée vers le
Fonds de Reserve pour les Retraites, et investis dans des projets
écologiquement et socialement utiles, pour lisser les déséquilibres
démographiques du régime, et permettre demain de garantir le versement des
pensions du système par répartition.