On croyait l'incinérateur enterré... Le droit administratif qui ne juge pas
au fond, mais seulement sur la stricte légalité, l'a ressuscité.
La prolongation de la DUP : Une négation obstinée de
l'évidence
La Déclaration d'Utilité Publique (DUP) du pôle de traitement des déchets du
Valtom, avec incinérateur, qu'a signé Raffarin en mai 2005, le jour de son
départ, avait une durée de 5 ans. La majorité du Valtom, malgré l'avis de
Clermont-Communauté, a voulu sa prorogation bien que beaucoup de choses aient
changé depuis :
La directive cadre européenne de 2008 prévoit une hiérarchie des traitements à
5 niveaux : Prévention / Réemploi / Recyclage/ Valorisation / Élimination, et
un recyclage de 60 % des déchets en 2020. Depuis le Grenelle, les lois 2009 et
2010 prônent aussi une réduction drastique des déchets résiduels et des plans
de prévention. A l'évidence, en 2010, l'incinérateur prévu est largement
sur-dimensionné : il va falloir brûler les déchets industriels banaux, d'autres
déchets importés, voire les papiers-plastiques détournés qui brûlent si bien.
On l'a vu ailleurs !
En 2006, l'Institut National de Veille Sanitaire met en garde sur le lien entre
cancers et incinérateur ; 531 médecins de l'agglo ont à ce titre exprimé leur
refus de ce traitement.
Depuis 2005, la conclusion de l'enquête publique a été négative, la Ville de
Clermont, d'autres communes de l'agglo, Clermont-Co ont délibéré pour exprimer
leur refus ; le président du conseil général a demandé un moratoire jusqu'à la
fin de la révision du plan départemental.
En 2008, Clermont-Co a proposé le projet OPHRYS qui ne pollue pas et trie
encore plus, bien que nous préférons un traitement par méthanisation qui
apporte en outre une valorisation énergétique. La différence de coût est énorme
: par rapport à Ophrys, l'incinérateur de Vernéa a un surcoût de 153 millions €
sur 20 ans ! et de 44 € la tonne en fonctionnement, que vont devoir régler les
contribuables !
Et bien non ! Pour le Valtom, et le préfet la situation est la même ! Rien n'a
changé depuis cinq ans ! Ce dernier ne voit pas de «modifications
substantielles» et a signé en mai la prorogation de la DUP.
Conseil général : retraite en rase campagne
Bien qu'il aurait pu lancer la révision du plan départemental d'élimination des
déchets ménagers depuis janvier 2005, le président Gouttebel s'y ést décidé
après que le préfet ait refusé l'autorisation d'exploiter en juillet 2008.
Depuis, il s'est hâté très très lentement pour établir l'état des lieux... pour
finalement se dessaisir ces derniers jours de la révision. Quel manque de
courage politique ! C'était pourtant le lieu pour réfléchir aux tonnages de
déchets qui vont se réduire avec les objectifs de prévention des lois Grenelle
1 et 2, et aux traitements alternatifs à l'incinération que maintenant nombre
de citoyens connaissent bien. Les quatre associations qui y siègent demandent,
comme nous, au président de revenir sur sa décision.
Lire le communiqué
Mobilisation citoyenne
En face de cette triste réalité, l'ensemble des associations et des élus qui
militent contre l'incinération des ordures ménagères ont organisé des réunions
publiques pour rétablir la vérité et informer du danger, celle de la Maison du
Peuple le 16 juin dernier a réuni 600 personnes. Le collectif des associations
vient d'écrire aux 473 maires du département une longue lettre argumentée pour
les éclairer sur ce que le Valtom s'est bien gardé de les informer
Lire la lettre
D'ores et déjà, les Verts vous appellent à une grande manifestation à Clermont
le samedi 16 octobre pour refuser cet incinérateur non-sens écologique,
pollueur, dangereux pour la santé, sur-dimensionné, et en plus ruineux.
Yves Reverseau